La Haye II : le Maroc présente sa stratégie énergétique et annonce son intention de devenir membre à part entière du traité de la charte internationale de l’énergie

Le Maroc a présenté, mercredi à La Haye, son ambitieuse stratégie énergétique et a annoncé son intention de devenir membre à part entière du Traité de la charte de l’énergie à l’occasion de la conférence ministérielle sur la Charte de l’Energie (La Haye II).

Le secrétaire général du ministère de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Abderrahim El Hafidi, qui était accompagné de l’ambassadeur du Maroc aux Pays-Bas, Abdelouahab Bellouki, a indiqué, lors de la première séance plénière, que le stratégie du Royaume porte sur  »des projets majeurs » et  »des réformes ambitieuses » susceptibles de doter le pays d’un système énergétique sûr, concurrentiel et à faible teneur en carbone et de l’inscrire dans la dynamique de la coopération régionale et internationale.

En ce qui concerne les énergies renouvelables, le responsable marocain a cité les deux importants projets d’énergies solaire et éolienne, qui vont permettre au Royaume de faire passer la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée à 42 pc à l’horizon 2020, d’économiser 2,5 millions de tep en combustible fossile annuellement et d’éviter près de 9 millions de tonnes de CO2.

Pour le faire, des mesures ont été entreprises et d’importants efforts ont été déployés en matière de législation, de réglementation, d’incitation, de financement, d’intégration industrielle, de renforcement des compétences et d’impulsion forte à la recherche et à l’innovation technologique, a-t-il expliqué.

La délégation marocaine a par ailleurs donné un aperçu sur les grands projets du Maroc dans les domaines des énergies renouvelables et du gaz liquéfié, mettant l’accent sur l’engouement des investisseurs privés étrangers, le Maroc étant un pays attractif au vu de la transparence de sa démarche et sa stabilité politique.

Après avoir rappelé que le taux d’électrification rurale a atteint à fin 2014 près de 99 pc grâce à l’accélération de la mise en œuvre du Programme d’Electrification Rurale Globale (PERG), M. El Hafidi a assuré que l’intégration du Maroc dans le système énergétique régional constitue un axe majeur de la stratégie nationale.

Par ailleurs, le Maroc n’a pas seulement adopté la nouvelle charte internationale de l’énergie, à l’instar des soixante autres pays présents, mais il a annoncé de manière officielle son intention d’adhérer prochainement au Traité de la charte, une action qui va lui permettre de devenir membre à part entière de la charte.

Le Maroc, premier pays africain à avoir signé en 2012 la charte internationale de l’Energie dans sa version de 1991, fait partie actuellement des membres observateurs de cette charte.

Plus encore, le Maroc, en tant que membre actif de la charte, s’est porté candidat pour abriter une représentation de la charte dans la région d’Afrique et du Moyen-Orient, d’autant plus que le Royaume a défendu à maintes reprises la mise en place de représentations régionales, notamment en Afrique et en Asie, afin d’assurer une plus grande proximité sur le terrain et une meilleure promotion de la Charte.

Compte tenu de son rôle pionnier et actif dans la dynamique de la Charte et de ses relations privilégiées avec de nombreux pays africains, le Maroc est bien placé pour y contribuer, a souligné M. El Hafidi, rappelant l’organisation par le Maroc de la 1ère Conférence politique de la Charte de l’Energie (Rabat 2012) et du 2ème Forum de la Charte de l’Energie (Rabat 2015).

Le Forum de Rabat-2015, s’est-il félicité, a permis de discuter des bénéfices d’une Charte actualisée et modernisée, particulièrement pour les pays de la région MENA et d’Afrique sub-saharienne, et a constitué une étape privilégiée de promotion de la nouvelle Charte avant son adoption à l’occasion de la Conférence de La Haye II.

Le secrétaire général a mis l’accent en outre sur l’importance des propositions faites par le Royaume lors des négociations sur l’actualisation de la charte internationale de l’énergie, lesquelles ont été retenues dans leur majorité et ont concerné notamment l’accès à une énergie durable, la mise en exergue de la dynamique de développement des énergies renouvelables et la mise en œuvre de marchés énergétiques régionaux intégrés.

En voulant adhérer au traité fondateur de la charte, le Maroc exprime sa disposition de renforcer sa coopération avec la Charte de l’Energie et de se joindre à la dynamique de renforcement de la coopération et du dialogue énergétiques au niveau mondial.

Une telle décision devrait renforcer la position du Maroc en tant que pays de transit dans l’ouest méditerranéen et de pays pivot pour l’exportation de l’électricité verte vers l’Europe, a souligné M. El Hafidi.

 »Il s’agira aussi de lancer un signal fort pour l’ensemble de nos partenaires, notamment les institutions financières internationales, et pour les investisseurs étrangers, afin de saisir toutes les opportunités offertes par le développement du secteur de l’énergie au Maroc », a-t-il dit.

Le Royaume a déjà initié le processus d’adhésion, notamment en élaborant les documents requis, en collaboration avec le Secrétariat de la Charte de l’Energie, a-t-il expliqué.

Plus de Soixante pays, membres et observateurs de la charte, ont adopté mercredi la Charte Internationale de l’Energie et réitéré leur engagement à promouvoir la coopération mondiale dans le domaine de l’énergie pour un approvisionnement sûr, durable et équitable.

(MAP-21/05/2015)

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